Mon premier marathon : 9 avril 2017 – Paris

par | Avr 10, 2017 | Changement de vie, courir | 7 commentaires

“Plus que quelques mètres, allez Anna pense à toutes ces heures d’entraînements, ne t’arrêtes surtout pas maintenant”… Et bien voilà quelques mètres après, je franchis cette ligne d’arrivée en 3h47. Je sens les larmes monter. Voici l’aboutissement de quatre mois intenses, quatre mois de privations. A présent je suis finisher de mon premier marathon celui de Paris.

Un réveil tôt pour bien commencer la journée.

Le réveil sonne à 5h30. Mon objectif est simple, ne pas me stresser avant la course. Alors avant de me lever je prends d’abord mon temps pour respirer. Ensuite je vais chercher une demi baguette de pain. Pour mon premier marathon j’appréhende énormément les problèmes intestinaux. Alors pour éviter toute gêne, je fais très attention à mon alimentation. Dans mon assiette : 125grammes de pain, deux tranches de dinde, 30 grammes de flocons d’avoine avec une cuillère à café de poudre d’amande, un jus de fruit pressée citron/orange et quelques fruits secs / et fruit confits. Enfin côté hydratation, ni plus ni moins que 600 ml d’eau.

Direction les champs Élysées

Je préfère arriver en avance plutôt qu’en retard alors je pars un peu tôt. En fait je pars trop tôt. Bon niveau température il fait plutôt bon donc attendre n’est pas si dérangeant.

L’ambiance dans le métro est forte agréable. Sûrement mon plus beau trajet. C’est vraiment drôle de se retrouver entre coureurs. Je resterais bien là.

Mais après quelques stations il faut sortir, la traversée du couloir souterrain me semble interminable. Et puis les escalators m’emmène sur la plus belle avenue du monde. À ce moment là, je me demande encore ce qui m’est passé par la tête.

Au final j’arrive avec 45 minutes d’avance. Alors pour économiser mes jambes, je m’assois et j’attends patiemment.

avant le départ du marathon de paris

Dans le Sas de départ

Mon entrée dans le sas prend un petit peu de temps. Certains impatients escalade tant bien que mal les fleurs des restaurants. Dans ma tête je me dis que c’était un peu risquer de se blesser si près du but. Et puis de toute façon on partira tous.

Une fois dans l’enclos, je regarde devant, la ville, le soleil. Parce qu’avec tous ces runners, je ne veux pas me stresser alors que pour une fois je me sens détendue. Pour être honnête je suis même très sereine. J’ai tellement attendu ce moment.

Après une petite séance d’échauffement, on avance progressivement. Dans mon cas, je veux profiter de l’ambiance alors je n’actionne pas ma musique au départ.

sereine avant le départ

 

Les dix premiers kilomètres

“Paris vous appartiiient” c’est sur cette phrase que la course débute. Les premiers kilomètres sont trompeurs : petites descentes, ambiance de folie, je suis emportée par le peloton, pire je viens même à dépasser.

À la fin du premier kilomètre, c’est la première photo. Alors j’en profite pour faire un joli sourire parce qu’après tout, on ne sait pas la tête qu’on aura aux prochaines.

Quand je foule la rue Rivoli, ma montre m’indique un chrono autour des 4:49. Dans ma tête je me dis que je n’irai pas au bout avec cette allure. Ben oui mais voilà je me sens bien alors j’oublie ce que je m’étais dit avant la course.

Je cours je cours, puis j’aperçois Bastille et le premier ravitaillement. Alors même si ça faisait partie d’une de mes craintes, je respecte  au moins cela et prend ma première bouteille.

Après quelques petites gorgées : premier shoot à trois points. Me voilà rassurée je n’ai pas ralenti ma cadence, je ne me suis pas étouffée et je suis hydratée.

Ensuite les kilomètres s’enchaînent. La petite montée avenue Daumesnil me semble dérisoire et je n’ai qu’une hâte, apercevoir mon amie Béa dans la foule. Après quelques regards à gauche, ça y est elle est là avec sa petite fille. Pour tout vous dire ces quelques secondes me donnent des ailes. Et je tourne toujours autour des 4:50/5.

Petits doutes entre le 13eme et 15eme kilomètres

Une fois, l’INSEP passé, je commence à avoir des doutes. Dans les bois, ma montre capte mal, les supporters sont absents et ma vitesse me fait de plus en plus peur. En plus je sens une petite douleur derrière la cuisse. Alors pour faire fasse je monte le son et prie pour que le prochain ravitaillement arrive.

1km avant le ravito justement, une petite descente me redonne la confiance qu’il me manquait. Et quand il faut prendre ma bouteille, une fille m’encourage “allez fonce, tu gères !”

Il ne m’en faut pas plus, je prends au passage quelques fruits secs. Mes jambes continue de parcourir Paris, je mange en alternance avec la boisson. Bien entendu je veille à bien mâcher et prendre mon temps. Au final quand je n’ai plus rien en main, j’ai déjà passé 1,5km.

Le semi : trop facile

Un peu avant le 21 km, je cherche ma copine Justine. Je sais que ça va me booster. Normalement elle me suit sur mon application. Alors je regarde bien. Ce qui est super c’est que quand on cherche quelqu’un dans la foule ça passe le temps et on en oublie presque qu’on est entrain de courir.

Mais le ravitaillement passe et je ne le vois toujours pas. Je me concentre à bien récupérer ma bouteille et mes fruits secs.

Et puis quelques mètres après, je suis super ravie, elle est là sur le trottoir. Pour tout vous dire, ces encouragements me font super plaisirs. C’est quand tu vois tes ami(e)s derrières toi que tu te dis qu’il faudra aller au bout.

Je passe alors le 21eme kilomètres en me permettant meme un petit coup de fil à mon père. Après tout, ca passe le temps.

Le mur qui n’a jamais eu lieu

Depuis quatre mois, je redoute les quais que je trouve extrêmement long. Mais le chemin change. À nous la joie des tunnels.

Dans le premier j’ai du mal à respirer correctement mais je continue et j’accélère ma cadence pour pouvoir sortir de là le plus rapidement possible. Le second et le troisième me semblent dérisoires, je prends même du plaisir à monter et descendre.

Une fois passés, ça y est je perçois madame Eiffel, je me dis que je pourrais rentrer chez moi j’habite pas loin. Et puis là, je me donne une claque et continue : ” papa t’attend au 30eme !!” 

Avant le ravitaillement, les encouragements d’Air France me vont droit au cœur, et à ce dernier je suis trop contente : des minis bretzels ! Je n’en ai pas mangé depuis bien longtemps. Alors dans ma main gauche la bouteille et la main droite une poignet de bretzels avec une orange.

Quand j’y repense, j’ai vraiment adoré.

À Passy, whyirun nous encourage, je me dis qu’après ce marathon, je vais enfin pouvoir recourir avec eux. Parce que jusque là mon plan d’entraînement était incompatible avec les horaires.

À la maison de la radio on passe le trentième kilomètre. Papa m’attend pour courir avec moi. Je le cherche après les musiciens après la bannière verte.

Il est là prêt à partir avec moi. Mais j’ai toujours mon allure de 5. Donc je le perds plus rapidement que prévu.

Les 4 derniers kilomètres au mental

Après la montée qui suit la porte d’Auteuil, je ralentis la cadence. D’abord parce qu’elle m’a beaucoup usé, ensuite parce que j’ai déjà 36km dans les jambes et enfin il fait chaud, très chaud.

S’ensuit alors quatre kilomètres très longs dans le bois de Boulogne. Je sens mon corps qui fond au soleil et une douleur dans le tibia.

Mes jambes me disent d’arrêter mon premier marathon et de finir en marchant. Mais mon esprit ne veut pas. Si il y a bien une chose que je ne veux pas c’est marcher. Surtout que dans ma tête et sur ma montre je sais que je suis entrain de faire mon meilleur temps sur une longue distance. Alors je pense à tout et à rien en même temps.

Les gens scandent Saine et Active, ça me porte et je sers les dents. À 2km de l’arrivée, papa m’appelle, il ne s’est jamais arrêté et m’a suivi, il va me récupérer à la boucle au retour du jardin d’acclimatation. Avec mon père à mes côtés je sais que je finirai.

À 1km il est là. Je vois dans son regard la peur, je sais qu’il ressens ma souffrance, mais dans la vie si on veut quelque chose il faut aller la chercher. Alors j’ai mal mais je continue sous les encouragements mon père qui me dit que j’y suis presque mais aussi sur tous ces gens qui ne me connaissent pas mais qui me boostent.

À 500 mètres, papa est écarté, la ligne d’arrivée est là. Dans ma tête, un flashback sur ces deux ans à Paris, sur ces galères et sur ces quatre mois pour en arriver la. Je retiens mes larmes pour la photo et lève les bras en l’air comme la concrétisation d’un exploit.

je suis finisher du marathon de paris

Une fois la ligne franchie j’ai envie de pleurer, de joie mais aussi de douleur. Pour éviter que mes muscles ne se tétanisent je continue à marcher très très doucement. Je récupère enfin mon maillot, ma médaille et me dirige vers la sortie.

Avec quelques heures de recul, si je dois retenir une chose sur cette course c’est qu’il ne faut jamais abandonner les objectifs qu’on se fixe.

J’ai travaillé dur pour en arriver à ce niveau là, mais aujourd’hui je termine mon premier marathon en moins de quatre heures.